Gabrielle uniquement

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samedi 14 novembre 2009

Quand Gabrielle maraude à la brune





Dans la nuit sombre, l'idée en tapinois s'est faufilée pour bientôt venir tarauder ses journées.
Gabrielle, sans jamais rien confier de ce qui est aux rêves ou de son présent, à la brune reprendra la plume

jeudi 19 juin 2008

Quand Gabrielle tire doucement le rideau devant la croisée

Gabrielle s'est endormie. A moins qu'elle ne soit partie. Gabrielle ne le sait.
Dans le monde qu'elle caresse de la pulpe des doigts, elle n'a pas envie de mots.
Dans le monde qu'elle effleure du bout des cils, il n'y a pas de souffrance.
Rêve dont on se réveille?
Rive où l'on accoste ?
Gabrielle ne le sait mais Gabrielle est ailleurs. Et heureuse.

vendredi 2 mai 2008

Quand le brouillard se lève


Un doigt que l'on fait glisser le long du verre embué.
Un doigt d'abord indécis et puis bientôt intrépide.
Caressant la vapeur pour mieux la dissiper, un doigt qui le long de la vitre trace de nouvelles lignes, de nouveaux signes.
Un coin de jour qui se fait.
Un travers que perce une lueur.
Et bientôt une vérité.
Une saveur.
Délicieux vertiges...

lundi 17 décembre 2007

Sodalité


dimanche 24 juin 2007

Rubor con dolore

Où Gabrielle se rajuste...

Après la nuit, après le matin, après la foudre, les fièvres et les rafales, il y a le temps où le corps s'abstrait. Irrésistiblement.
Perclus est-il. Reclus également.
De la plus impérieuse des façons. Embusqué sur lui-même, hostile au monde. Se fuyant désespérément mais trop honteux pour ouvrir les yeux.
Il y a le temps où plus rien n'a prise sur lui ; ni les envies débusquées, ni les soupirs échangés, ni les souvenirs ardents.
Il y a le temps où plus rien n'existe que son mal à lui. Le mal en son tréfonds, au delà des chimères de la nuit et des rêves
Le temps où il se dérobe à toute autre sensation que celle d'être un animal blessé. Se terrer. Lécher ses blessures. A la moindre brise, gronder, feuler éventuellement.

Moment particulier où le corps se ramasse sur lui-même. Durant un instant, durant une paire d'heure. Une éternité où il est le maître du monde. D'un monde écarlate. Un monde tendu de vermillon comme l'humiliation qui orne son front, un monde tracée à la sanguine, comme celle qui zèbre sa peau, un monde couleur cramoisi, aussi vif que le sang qui bat si fort dans ses veines.

Alors il faut l'apaiser. Le rassasier, le baigner. Le réapprivoiser. Ne pas le laisser se détester mais le reconquérir. Et puis surtout lui pardonner. Lui pardonner d'aimer l'inacceptable : s'échapper irrésistiblement pour se donner à l'autre, courtiser les maux tel un gentilhomme qui courbe trop bas l'échine devant son monarque. Le maudire aussi. Durant un instant, durant une paire d'heure. Une éternité où il est à la quintaine du monde.


Ce billet est spécialement dédié à harkhange.

lundi 28 mai 2007

Frissons et froissements

Où Gabrielle se réveille...


Froissée, la peau.
Celle qu'au matin une paume ne parvient à lisser.
Cuir contre cuir.
C'est le premier qui a marqué le second.

Froissé le sein qui soupire.
Des doigts l'ont dressé.
Et puis l'ont cueilli.

Froissés les mots qui s'enviennent puis s'enfuient.
Ils sont tapis, encore apeurés d'être en vie, déjà gourmands d'être envie.

Frissons.

vendredi 11 mai 2007

Réminiscences et impénitences

Où Gabrielle cherche la ligne d'horizon
Fredonner - remâcher - veiller

« Boniments je vous abomine.
« A l'infime déni débusqué, je me débinerai.
« Délibérément je me déroberai.
« Sans dédit, sans bruit et sans palinodie.



Le paradis des blattes

Cafard grimé en marquis,
Guêpes friandes de viande fraîche,
Assourdissant bourdonnement des hannetons hâbleurs,
Insectopie...
Existe-il un autre monde ?


Hésitation

Se poser la question ne signifie-t-il pas déjà que l'on ignore la réponse ?
Et garder ce doute n'est-il pas en conserver l'espoir ?


Troubles et confusion

Une main suspendue, un crayon dans celle-ci
Ébauche — épure — esquisse — sanguine...
Des mots qui se dessinent déjà...


dimanche 19 novembre 2006

Aspiration

Où Gabrielle cherche son souffle

Avant les mots, avant les silences aussi, il y a d'abord le souffle.
Le souffle qui point au plus profond de son tréfonds puis vous effleure.
Celui qui vous caresse autant l'esprit que le corps
Celui dont on sait qu'il va vous faire frissonner une fois encore.
Qu'il soit soupir ou bien rafale, il en est toujours le préalable.

Je le sais qui revient, qui est là, qui m'attend.
Je le sais qui se lève et qui m'enlève.

Pour l'heure je n'ai envie que d'abandon.
Peu m'importe comment.
Peu m'importe pourquoi.
Peu m'importe la façon.

Il me suffira de fermer les yeux.
De le sentir là.
Alors je sais que je serais submergée par l'ivresse de me savoir à lui.

Peu m'importe comment.
Peu m'importe pourquoi.
Peu m'importe la façon.

Divin flacon pour d'ivresses célestes.
Il me tarde tant de m'y désaltérer.

jeudi 9 novembre 2006

Les mots recommencés

Où Gabrielle lisse du doigt son écritoire

Il n'y aura cette fois pas de déménagement à la cloche de bois.
Après tout, de la station de radio en passant par la couleur des tentures et jusqu'au choix des cadres suspendus, tout cela n'émane que de mes propres doigts.

Je ne prendrai pas même le soin d'archiver dans un petit coin mes derniers feuillets.
De toute façon, je ne relis jamais mes écrits et ceux-là ont la particularité de m'être dorénavant indifférents.

Et puis surtout, comme la vie me dévore déjà, il y a aura sans doute d'autres mots.
Mais ces derniers me fuyaient depuis si longtemps qu'il me faut avant cela renouer avec l'intimité qu'ils requièrent pour se laisser apprivoiser, attraper et jeter sur le papier.

Un jour prochain, je le crois.

Sans ne plus jamais dire ce qui n'appartient qu'au rêve ou ce qui tient du vécu.
Car il importe peu de savoir de quoi mes songeries seront faites.

Passées ou à venir, prétendre qu'elles ne tiennent que du réel reste toujours un mensonge
Il est pure gageure que de penser que les émotions ne sont pas constituées de mirage !
C'est ce qui fait leur force.
Et aussi leur douceur.

Il y aura donc d'autres mots pour les emprisonner celles-ci une fois encore.
Entre vertige et abandon.
Entre mensonge et vérité.
Parce que, bien que l'on s'en défende, les mots ne se situent jamais ailleurs qu'entre ces deux garde-fous, entre ces deux garde-corps...

mercredi 25 octobre 2006

Pause

Où Gabrielle ne sait plus rien, pas même si elle existe encore...


mardi 24 octobre 2006

Les chaînes de l'inspiration

Où Gabrielle suçote sa plume.

des

Les mots fuient. Et ce n'est pas faute de nourrir d'émotions. Des graves et des profondes. Des belles et des précieuses.
Peut-être trop riches pour se laisser partager aisément.
Peut-être qu'il me suffit d'un peu de temps.
Je le crois pour réapprendre les mots qui peignent les émotions — et les colorent aussi.
Les émotions qui enchaînent et qui libèrent.
Les chaînes dont le métal saisit avant d'irradier.
Celles où l'on se sent si parfaitement à l'autre.
Juste un peu de temps.

mercredi 6 septembre 2006

Les liens plus étroits encore

Ceux qui s'impriment, qui mettent en relief et isolent l'essentiel pour mieux l'offrir à l'autre


On ne peut tout écrire.
On peut décrire les mouvements. Ceux du corps et  même ceux de l'âme.
Furioso, Moderato Cantabile ou Largo Con Gran Espressione, tous les tempos se dictent.
On peut dire les couleurs. Le rouge, le noir et l'or.
On peut aussi esquisser les lueurs, celles qui déflorent la nuit et parent les corps.
On peut chanter les poèmes. Sur ton uni ou sur des cris.
On peut taire les rires et s'en souvenir intensément.
On peut fredonner les ravissements, les enthousiasmes et les exaltations.
On peut noircir de mots des pages entières.
Les raturer pour mieux les livrer.
Les caresser pour mieux les plier.

On dessine des traits.
On dore le cadre.
On brosse l'histoire comme d'autres brossent la poussière.

Sauf qu'un jour on sanglote après l'extase.
Sauf qu'un jour, les doigts noirs de l'encre que l'on a fait rouler sur le papier, on pose sa plume et puis bientôt sa tête dans ses bras.
Sauf qu'un jour on sait bien que l'on ne pourra pas dire les regards, dire les silences, dire les baisers et encore moins traduire ce qui est rire, joie, espoir et gravité à la fois.
Sauf qu'un jour on sait bien que l'on tait l'essentiel. On tait l'intense. On tait l'essence.

Insensée je suis peut-être. Intrépide sûrement.
Résolue incontestablement : si on ne peut tout écrire, cela ne veut pas dire qu'on ne peut le vivre.

Et sans doute mordre la poussière...