Gabrielle uniquement

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vendredi 31 mars 2006

Première tentative de coups et luxure

De la complicité vers la commission

« Bonjour Monsieur, je suis Gabrielle » fût aisé à prononcer.
Ce n'est pas la conversation qui est ardue. C'est d'accepter de faire silence et qu'enfin les transitions se fassent.
Un silence aussi lourd qu'indispensable. C'est son poids qui marque le temps de son sceau indélébile : l'avant-propos est désormais fini, c'est l'heure d'entamer le chapitre premier ; et pour tourner la page il faut bien s'en saisir, même du bout des doigts.
Se laisser attirer, rassurer, apaiser.
Se laisser aller contre un corps qui me semble si grand.
Des gestes qui s'esquissent, d'hésitants qui deviennent francs puis exigeants. Une paume qui caresse, bientôt des doigts qui froissent. De la peur de s'effaroucher l'un l'autre on chancelle entre tendresse et hardiesse : l'intimité ne s'improvise pas mais se construit de toutes pièces. A corps et à cris aussi. Ceux des caresses qui donnent le tournis et font découvrir des mondes, Ô joies du mal des transports ! Ceux provoqués par la main qui s'abat sûre et cinglante, exquise surprise de cette indétermination qui ne sera pas ! Honteux plaisir de découvrir que cette soif d'émotion sera abreuvée. Soif de rouge. Délicieux tourment des jambes que l'on replie en bouclier avant de les éloigner pour mieux s'offrir aux couleurs. Liens auxquels on se prête pour mieux s'abandonner.
Entre gêne et appréhension la difficulté était bien plus grande que je ne l'imaginais, preuve que chacun n'était pas dénué de prévenance et d'humanité. Ce peut-être un délicieux tremplin pour poursuivre ou se contenter d'être un bien tendre souvenir. Mais cela restera un grand pas de franchi.

dimanche 26 mars 2006

Parure et ligature


une paire de jambes chaussée de bottes très hautes

Se parer, s'harnacher.
Je porterai donc mes bottes interminables.
Se parer, se camoufler aussi.
Car se vêtir ainsi c'est enfiler la peau d'une autre que soi, quelqu'une qui n'aurait pas d'embarras avec ce corps dont je me surprends à penser parfois que si j'aime tant qu'on le soumette c'est peut-être parce que moi je n'y suis jamais parvenue autrement que par le truchement du regard des autres.
Entrer en séduction.
Souligner sans mentir.
Éveiller et offrir.
La journée sera longue à sentir l'élastique des bas prier tout au long de celle-ci qu'on joue avec eux ; à s'asseoir à même le tissu d'une jupe au prétexte d'une lingerie minimaliste qui vous traverse de part en part ; l'un et l'autre ne sont déjà ni plus ni moins que les liens de ma fantasmagorie.
Sentir qu'il existe et surtout qu'il est fondé à réclamer sa part de soupirs, sa part de plaisir, ce corps dont je n'ai pourtant pas à rougir mais que j'aimerai parfois oublier. Quel somptueux paradoxe que de le punir pour le laisser vivre enfin...

mercredi 22 mars 2006

« Bonjour Monsieur, je suis Gabrielle »

Où Gabrielle conjecture la rencontre programmée
Accoudé, un homme attend ; un fouet à la main





Que dit-on à un homme à qui l'on a confié ses plus intimes féeries ?
Comment aborde-t'on celui à qui l'on a révélé sans même le connaître les secrets de sa fantasmagorie ?
Comment parvient-on à suffisamment lézarder sa façade pour accoster les sujets qui nous consument.
Avec des rires ? Avec des sourires ? Avec des soupirs ?

Mais surtout, au delà des mots, des regards et des fards, le moment qui me défie, me menace et m'invite, c'est celui où deux éclats de corps se rencontrent. Qu'il s'agisse de mains qui s'effleurent, de coudes qui se cherchent où de paumes qui caressent, cette alchimie-ci ne peut-être pour moi que cauchemar ou vertiges. Au rang de mes émotions, le contact ne souffre pas la demi-mesure. J'ai parié sur le vertige. Je peux aussi me tromper.


Perspective et expectation


le café, lithographie d'Edouard Manet, 1869

Le café — Edouard Manet — Lithographie, 1869


J'ai dit oui à un homme entrecroisé dans un café.
Oui à ses mains, oui à ses liens.

Je savoure le temps qui passe.
Le temps où l'on sait que cela sera
Le temps qu'on devine, qu'on espère, qu'on appelle.
Le temps où l'on attend.
Affolée d'avoir dit oui mais le corps déjà en maraude.

vendredi 17 mars 2006

Prolégomènes

Où Gabrielle dresse son écritoire

Tout à commencé loin d'ici dans un autre monde, un autre site, une autre relation. J'ai quitté tout cela sans regret mais après y avoir goûté, je ne pouvais plus me résoudre à abandonner le plaisir d'écrire.

Alors, sans même les relire, j'ai bien sagement remisé mes mots usagés, et dans la foulée, je me suis aménagée pour moi toute seule, un pupitre de guingois et j'y ai taillé quelques plumes pour jeter sur la toile quelques mots, entre vertige et abandon.