Gabrielle uniquement

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samedi 14 novembre 2009

Quand Gabrielle maraude à la brune





Dans la nuit sombre, l'idée en tapinois s'est faufilée pour bientôt venir tarauder ses journées.
Gabrielle, sans jamais rien confier de ce qui est aux rêves ou de son présent, à la brune reprendra la plume

jeudi 19 juin 2008

Quand Gabrielle tire doucement le rideau devant la croisée

Gabrielle s'est endormie. A moins qu'elle ne soit partie. Gabrielle ne le sait.
Dans le monde qu'elle caresse de la pulpe des doigts, elle n'a pas envie de mots.
Dans le monde qu'elle effleure du bout des cils, il n'y a pas de souffrance.
Rêve dont on se réveille?
Rive où l'on accoste ?
Gabrielle ne le sait mais Gabrielle est ailleurs. Et heureuse.

vendredi 2 mai 2008

Quand le brouillard se lève


Un doigt que l'on fait glisser le long du verre embué.
Un doigt d'abord indécis et puis bientôt intrépide.
Caressant la vapeur pour mieux la dissiper, un doigt qui le long de la vitre trace de nouvelles lignes, de nouveaux signes.
Un coin de jour qui se fait.
Un travers que perce une lueur.
Et bientôt une vérité.
Une saveur.
Délicieux vertiges...

mercredi 13 février 2008

saintes douleurs

Celles que Gabrielle aime tant...
une pince sur un sein

Ascenseur
En silence. Avec ce qui n'est plus de l'assurance mais de la nonchalance, sa main se lève, écarte le corsage et puis la soie.
Je sais.
Et je ne sais déjà plus si je la redoute ou je l'attends.
Esquisse d'un geste — Ebauche de dérobade — Ardente prière pour qu'il poursuive son geste...
La course est sûre et ne souffre pas les détours : je loue ses démons de n'avoir cure de mes atermoiements...
Je suspends mon souffle. Je suis sa main, je respire avec elle.
Je la sais sans apprêts, sans liminaires.
Alors sans le dire, sans même oser le soupirer, je l'espère d'airain, peut-être brutale, toujours sévère.

D'un index et d'un pouce et du temps qu'il faut à sa main pour franchir l'air qui le sépare de mon sein, de fière et conquérante, il m'a fait sa soumise.


Douleurs exquises.


Cruelles et froides, je suis prisonnière de leur calvaire.
Plus rien d'autre n'a de prise que le mal qu'elles m'infligent.
J'implore.
Tyranniques, leurs morsures règnent sans partage.
Sous leur joug, nulle jouissance s'épanouir ne peut.
J'implore.
Je prie. Je pleure peut-être. Je ne sais.
Charité.
L'une d'entre elles sera démise.


Chuchotements, remerciements. Reconnaissance troublante d'avoir été pour partie graciée.
Questionnement et murmures.
Confidences.
Je sais combien mes maux lui sont doux.

Reconnaissance troublante de m'en faire le don, de fière et conquérante de me faire sa soumise.
J'implore
J'implore alors de recouvrer la morsure honnie.
Jouissance de lui faire don de mes maux, de lui appartenir si ardemment.


Plaisirs exquis des saintes douleurs.


jeudi 17 janvier 2008

Le poids des mots...

Où Gabrielle parcourt le dictionnaire
poids
POIDS, subst. masc.

I. A. 1. Force, pression exercée ... grincer, ployer ... son coup de reins ... suspend à la corde d'une poulie ... Ces corps ... les qualités auxquelles tiennent ces différences spécifiques doivent être réputées primitives ... varie avec l'intensité ... la force est due à l'attraction ...

2. En partic. Sensation ... plus ou moins grande qu'on éprouve au contact ou au maniement de quelque chose. ... Avant que la main touchât son épaule, elle a cru en sentir le poids, ferme les yeux (Bernanos, M. Ouine, 1943, p. 1449).

3. P. anal. Force, influence, généralement assez importante, qu'exerce quelque chose

B.− P. méton.
1. a) Corps destiné à ...
... Discipline ... une torche de cire jaune du poids de trois livres à la main, sera mené aux flambeaux de la Tour de Londres (...) pour y être publiquement (...) ...

etc.

...

etc.

mardi 1 janvier 2008

Oubliettes...

Où Gabrielle formule ses vœux

oubliettes...

J'ai perdu pied, je ne suis plus que craintes, effroi et qui-vive.
Je vais m'y perdre, je vais m'y noyer.

Alors punissez-moi.
Ainsi je n'existerai plus.
Je ne serais plus que vôtre,
celle que vous voudrez que je sois.
Faites-moi disparaître, faites de moi, gémissements, cris et suppliques.

Imposez-moi de vous craindre, inspirez-moi la peur, faites que je vous guette, que je vous espère.
Vos tourments m'éloignent des miens.

Et je préfère cent fois vos craintes, votre effroi et votre qui-vive que les miens...
Par pitié punissez-moi...

samedi 29 décembre 2007

Cachot


cachot

Les murs qui se dressent.
Plus épais et plus rugueux que jamais.
Où est l'envie de s'y sentir plaquée, exposée, chevillée et bientôt offerte ?
Où est l'envie de s'y savoir sacrifiée à l'autel de sa toute-puissance ?

Le noir qui s'étend, qui se répand.
Où sont les bougies ?
Où sont leur flammes aussi chaudes que cruelles ?
Où sont leurs cuisants tourments ?
Eux que l'on redoute tellement mais que, dans ces tenèbres si épaisses, l'on vient à implorer obscurément.


Le silence qui grandit, qui s'épanouit.
Où sont les soupirs complices, les aveux ?
Où sont les cris dont on ne sait plus s'ils sont douleurs ou plaisirs ?
Le silence oppressant qui ronge, qui gangrène les mots.
Le silence qui dévore déjà tout ce qu'ils signifaient.

Le silence qui ravage au plus profond.

Il n'y a pas de repentir.
Il n'y a pas d'expiation.
Il n'y a plus de plaisir.
Il n'y a plus que l'incompréhension.
Et la peur.

mercredi 19 décembre 2007

Exquis plaisirs byzantins

Où Gabrielle ne se raconte plus d'histoires

La ceinture du Sultan

Baptême

Elle l'avait, sur elle, fait ruisseler brûlante.
L'eau avait noyé sa honte ; le crin avait étrillé sa peau et biffé sa pudeur ; la lame acérée avait parachevé de la démasquer.
Lisse et plus nue que jamais, elle était devenue les mots qu'elle égrenait en secret, qu'elle couchait sous pseudonyme, qu'elle vivait sous alibi.

Aux marches du Palais

La porte était entrouverte, pourtant elle frappa.
Elle frappait toujours. Elle marquait ainsi la frontière :
Devant la porte, c'était elle.
Outrepassée celle-ci, elle était Gabrielle.
Elle frappait toujours. Elle marquait ainsi son rang, le revendiquait. Car il n'est pas de plus altière manière que d'embrasser le joug de son Sultan, le front haut et le corps déjà pantelant, priant qu'on le châtie, qu'on le rompe et que ce faisant on le donne en pâture à ses plus obscurs vertiges.

Le siège du Gouvernement

Flambeaux et chandelles projetaient peur et lueurs sur les draperies, les sofas, les tapis. Encens évidemment. Il n'était désormais plus d'autres repères que les siens. Il était le maître des lieux, le maître du monde — et surtout le sien.
Mais pour l'heure le Sultan la voulait punir, la voulait non pas servile mais fautive. Peu en importait la raison, par la seule volonté monarchique Gabrielle se savait coupable et en accepta le décret avec pour seule protestation un faible et apeuré gémissement. Alors dans l'abyssal silence de la situation dont chacun mesurait l'inexorable, perverse requérante de l'arbitraire sanction, elle baissa elle-même ses effets.

Reins creusés et croupe tendue, les secondes se décomptent au métronome...


Quand le Sultan entre en voie de condamnation

Reins creusés, croupe tendue, les secondes se décomptent au métronome...
Reins creusés, croupe tendue, les secondes devenaient chamade, le temps s'était fait brimade.
Tintements de boucle metallique.
Glissements furtifs.
Chacune des extrémités de la ceinture qui le ceignait fût bientôt étroitement empaumées.

Gabrielle attendait. Terrifiée par l'inédite discipline, perversement curieuse d'en goûter le cuir autant que la nouveauté, l'imagination déjà tourbillonnante de scènes dont elle n'osait pas même se faire la protagoniste. Elle ne l'avouera pas ; même son souffle ne trahira rien d'autre que son incontestable effroi mais les rives de la douleur ne furent plus exquises que délibérément offerte à la sombre sangle, fesses tendues, dos bandé pour mieux la sentir s'imprimer, pour mieux l'entendre claquer et plus encore d'obéir à son ordre de ne point bouger, de ne point protester.
Et s'il n'est qu'un plaisir à garder c'est celui de la caresse de la paume qui remontait en haut de l'épaule le soie du vêtement avant de s'abattre sur elle, sanglée d'une longue et sévère boucle de cuir noir.
Divin vertige... Arquer le dos pour mieux jouir d'elle et de la main qui la tient. Des images obscures tirées de ses plus anciennes et infâmes rêveries, des contes cruels dont elle savait embellir ses songes d'enfants, elle tirait une ivresse insoupçonnée.

Gabrielle faisait fi de sa crânerie. Gabrielle ravalait sa morgue. Gabrielle s'avouait à elle même combien son plaisir était grand.
Gabrielle fait fi de sa crânerie. Gabrielle ravale sa morgue. Gabrielle sait qu'elle doit maintenant avouer à son Sultan combien lui complaît sa ceinture glissant le long de ses passants avant de la faire danser dans une ondoyante et lente correction.

Où l'organe du pouvoir se fait clément

C'est ici aussi qu'elle doit lui confesser qu'ainsi domptée, bientôt emplie de lui, bientôt broyée par l'étau de ses doigts auxquels, sur son ordre, elle offre son buste, la plus soudaine, la plus exquise et la plus puissante des voluptés la balayera de ce monde... pour y revenir plus soumise et débauchée que jamais...

lundi 17 décembre 2007

Sodalité


jeudi 29 novembre 2007

L'empire du Sultan

  • Ne pas céder.
  • Se reprendre.
  • Ne laisse pas le refus t'envahir, te gouverner.
  • Laisse là ces manœuvres d'évitements.
  • Cesse de penser non.

  • Souviens-toi : tu es à lui.
  • Reprend pied, ne laisse pas le combat t'envahir.
  • Accroche-toi à sa voix,.
  • Prends donc cette main qu'il te tend : prends cet ordre,
  • Repaît toi de cette injonction qu'il t'offre, respire cette inflexion, goûte ce ton qui vient te caresser.


Il n'est pas de plaisir plus trouble, plus profond, que de disparaître, de se fondre dans sa volonté.
S'offrir, tendre son corps si complétement qu'il paraît quémander la douleur.
S'enivrer de son désir, poursuivre la quête d'être sa satisfaction.


Et forte de cela, se maîtriser enfin.
Creuser ses reins dans une supplique martyre pour recevoir la cire que l'on redoute plus que tout.
La cire que l'on hait.
La cire qui me déchire.
La cire qui ne fait de moi que cris, douleurs et pleurs.

Etre à lui ce n'est pas supporter, ce n'est pas subir.
C'est bien au delà de tout cela.
C'est respecter ses ordre et son autorité si intimement que l'on fait plus que s'y soumettre : l'on s'y prête.
On baillonne ses craintes, sa peur et sa douleur pour s'en remettre aveuglément à lui.

La douleur se fait alors jouissance parce qu'elle la preuve la plus aboutie de l'empire qu'il a sur moi, la preuve la plus parfaite que je lui appartiens.

mercredi 28 novembre 2007

Pensées fugitives à l'ombre d'un palais byzantin

Quand les mots de Gabrielle ne s'échappent pas de son stylographe mais du capuchon de celui-ci

Porte d'un palais byzantin

Gabrielle mordillait le capuchon de son stylo, sourcils froncés et mine courroucée.
Comment l'écrire ?
Des pattes griffonnées et bientôt biffées, des pâtés d'encre charbonneux maculaient maintes pages de son moleskine.
Mais comment le dire ?
Lignes serrées, lignes rayées. Les zébrures s'accumulaient.
Comment le décrire ?
J'ai trop usé de mots par le passé, je les ai délavés, je les ai usés ; et maintenant que j'ai besoin d'eux ils sont trop émoussés pour traduire ce qui m'advient !


Gabrielle mordillait l'extrémité de sa plume assise sur un robuste banc de chêne.
Au creux de ses reins irradiait encore la cire dont il l'avait inexorablement parée.
Son séant pressé sur le bois trop dur palpitait des tourments dont elle portait haut les couleurs.
Et le dossier qu'elle pressait contre son sein se faisait étau quand il n'était qu'effleurement. Peut-être pour qu'ainsi perdure le troublant plaisir de sentir ses doigts la meurtrir encore et encore.


Gabrielle mordillait son capuchon et se souvenait comment d'antan, venaient la tarauder ces lendemains désillusionnés.
Comment, passée la chaleur de la nuit, loin de la bulle capitonnée qui protègent la fougue des amants, leur véhémence et leurs confidences, elle fuyait les traces que lui renvoyait son impitoyable miroir.
Comment les descentes étaient mordantes, comment les paillettes de la nuit s'éteignaient salement au matin, comment avec elles disparaissait cette fugitive et nocturne Gabrielle.


Capuchon entre les dent, elle savourait désormais l'insigne nouveauté.
Capuchon entre les dents, fesses contre chêne, elle jouissait de se savoir à lui, plaisirs d'autant plus profonds qu'ils étaient confiants.

Capuchon entre les dents, loin de lui, loin des instants de magie, elle se surprenait

... à goûter ses marques

... à aimer ses fers

...

lundi 26 novembre 2007

Hammam

Où Gabrielle pousse la porte du Sultanat...

bougie

Sur la pierre chaude languissaient des femmes, nues pour la plupart, resplendissantes de sueurs et de vapeurs. Recroquevillée quant à moi j'étais. Car l'abandon est un combat où je ne connais qu'un seul vainqueur : mon éminent Sultan. La femme aurait  pu être ma mère. Sa langue m'était aussi inconnue que ses mœurs. Sa main gantée de crin sût pourtant obtenir de moi l'immobilité la plus figée : En suivant les marques qu'il avait tracées sur mon corps elle empruntait dès lors son autorité... celle du Sultan souverain de ma chair et de mes pensées.